LES PREUVES CLINIQUES N’ÉTAYENT PAS L’UTILISATION DE LA BUPIVACAÏNE LIPOSOMALE: LES PATIENTS NE DISPOSENT PAS D’UN CONTRÔLE ADÉQUAT DE LA DOULEUR POSTOPÉRATOIRE
La fenêtre des 72 heures pour la douleur postopératoire
La douleur postopératoire continue d’être mal prise en charge chez une part étonnante de patients ; elle est en outre associée à de nombreux résultats cliniques négatifs rapportés par le patient, ainsi que sur les plans de la santé et de l’économie.1-2 De plus, il a été montré de façon récurrente que la douleur aiguë mal contrôlée après une intervention chirurgicale est un facteur prédictif du développement de douleurs chroniques. Des mesures péri-opératoires analgésiques/anesthésiques plus efficaces peuvent contribuer à prévenir les conséquences néfastes d’une douleur mal contrôlée, notamment son évolution vers une douleur chronique et la dépendance aux opioïdes qui y est associée.
Le contrôle de la douleur après une intervention chirurgicale est une priorité à la fois pour le patient et pour le médecin. Le contrôle de la douleur postopératoire permet d’accélérer le rétablissement du patient et de réduire les risques de complications, telles que pneumonie, caillots sanguins et dépendance aux opioïdes. La douleur doit être rise en charge avec soin, le patient et le soignant devant collaborer pour élaborer le plan d’action approprié. La douleur postopératoire dépasse souvent la durée de l’analgésie obtenue au moyen de l’administration unique d’un anesthésique local comme le chlorhydrate de bupivacaïne, qu’il s’agisse d’un bloc nerveux péri-articulaire ou d’un bloc nerveux en injection unique. Les techniques multimodales actuelles permettent généralement un contrôle adéquat de la douleur pendant les 24 premières heures environ. Toutefois, un effet de rebond significatif peut se produire lorsque l’effet de ces méthodes s’estompe (souvent lorsque le patient quitte rapidement un établissement après une chirurgie ambulatoire).
La possibilité de prolonger la durée de l’analgésie jusqu’à 72 heures et plus afin d’éviter l’effet de rebond est un objectif de longue date. Divers adjuvants ont été proposés, mais actuellement, aucun n’a été approuvé pour prolonger l’analgésie au-delà de 24 heures.3-6
La bupivacaïne liposomale a été développée dans le but d’atteindre la durée recherchée de 72 heures d’analgésie postopératoire.7-8 Les fabricants espéraient y parvenir en encapsulant la bupivacaïne standard dans des liposomes porteurs afin d’obtenir une libération prolongée. En théorie, une libération prolongée de la bupivacaïne serait ainsi possible. Les données pharmacocinétiques montrent que la libération lente de la bupivacaïne à partir des liposomes porteurs peut être détectée pendant 48 heures et plus. Cependant, la durée de l’effet analgésique ne peut être déduite du temps pendant lequel la bupivacaïne est détectable dans le sang. La littérature relative aux avantages supposés de l’encapsulation liposomale n’a pas étayé l’hypothèse d’une durée prolongée de l’analgésie.
De nombreux rapports dans la littérature soumise à comité de relecture ne montrent aucune différence clinique entre la bupivacaïne liposomale et la bupivacaïne standard en ce qui concerne la durée de l’analgésie – les deux formes ne permettent que 24 heures environ d’analgésie postopératoire.9-11
Pour consulter le Livre blanc en entier, cliquez le bouton « Télécharger Livre blanc »
Contactez votre représentant local pour en savoir plus sur nos solutions de gestion de douleur, y compris le Système de Soulagement de la Douleur ON-Q*.
RÉFÉRENCES:
- Rawal, Narinder, Current issues in postoperative pain management. European Journal of Anaesthesiology: March 2016 – Volume 33 – Issue 3 – p 160-171
- Nalini Vadivelu, MD Sukanya Mitra, MD, and Deepak Narayan, MD: Recent Advances in Postoperative Pain Management. Yale J Biol Med ;2010 Mar; 83(1): 11-25.
- Hussain N, Grzywacz VP, Ferreri CA, Atrey A, Banfield L, Shaparin N, Vydyanathan A: Investigating the efficacy of dexmedetomidine as an adjuvant to local anesthesia in brachial plexus block: A systematic review and meta-analysis of 18 randomized controlled trials. Reg Anesth Pain Med 2017; 42:184–96
- Abdallah FW, Brull R: Facilitatory effects of perineural dexmedetomidine on neuraxial and peripheral nerve block: Asystematic review and meta-analysis. Br J Anaesth 2013; 110:915–25
- Albrecht E, Vorobeichik L, Jacot-Guillarmod A, Fournier N, Abdallah FW: Dexamethasone is superior to dexmedetomidine as a perineural adjunct for supraclavicular brachial plexus block: Systematic review and indirect meta-analysis. Anesth Analg 2019; 128:543–54 84.
- Hussain N, Van den Langenbergh T, Sermer C, Fontes ML, Atrey A, Shaparin N, Sawyer TR, Vydyanathan A: Equivalent analgesic effectiveness between perineural and intravenous dexamethasone as adjuvants for peripheral nerve blockade: A systematic review and meta-analysis. Can J Anaesth 2018; 65:194–206
- Bramlett K, Onel E, Viscusi ER, Jones K: A randomized, double-blind, dose-ranging study comparing wound infiltration of DepoFoam bupivacaine, an extended-release liposomal bupivacaine, to bupivacaine HCl for postsurgical analgesia in total knee arthroplasty. Knee 2012; 19:530–6 27.
- Abildgaard JT, Chung AS, Tokish JM, Hattrup SJ: Clinical efficacy of liposomal bupivacaine: A systematic review of prospective, randomized controlled trials in orthopaedic surgery. JBJS Rev 2019; 7:e8
- Ilfeld BM, Gabriel RA, Eisenach JC: Liposomal bupivacaine infiltration for knee arthroplasty: Significant analgesic benefits or just a bunch of fat? Anesthesiology 2018; 129:623–6
- Hamilton TW, Athanassoglou V, Mellon S, Strickland LH, Trivella M, Murray D, Pandit HG: Liposomal bupivacaine infiltration at the surgical site for the management of postoperative pain. Cochrane Database Syst Rev 2017; 2:CD011419
- Abildgaard JT, Chung AS, Tokish JM, Hattrup SJ: Clinical efficacy of liposomal bupivacaine: A systematic review of prospective, randomized controlled trials inorthopaedic surgery. JBJS Rev 2019; 7:e8